Que de chemin parcouru depuis nos dernières nouvelles. Marie rentrée au bercail, le duo de cousins à vélo reconstitué, on peut dire que les pneus ont chauffé pour venir jusqu’ici, à San Pedro de Atacama, au Chili, où nous profitons d’un jour de repos.

A_en_rougir
Ca_passe_pas
Cardons
changement_de_pente
Changement_de_planete
couleurs_locales
Cuesta_de_Lipan
Cusques
Dopage_naturel
Filon_bleu
Fond_d_ecran
Fotos 160
Hexagones
Miroir_Miroir
Nord_Argentin
Piscines
premier_palier
Repos
Retour_au_Chili
Salut_maman
Strates
Supporters
Transition
un ange passe
Voie_du_sel

En route vers les sommets, un titre bien évocateur et beaucoup dans la famille savent que parvenir aux sommets nécessite souvent une certaine préparation, un entraînement rigoureux et une hygiène de vie irréprochable.

      C’est pourquoi, dès la reconstitution du duo à Catamarca, nous avons recommencé l’entraînement foncier. Au programme, de longues étapes plus ou moins plates. A ce rythme, nous ne tardons pas à franchir la barre des 7000 km. Puis, une fois nos mollets retrouvés, nous commençons les stages en altitude avec un col à plus de 3000m. La forêt pluviale que nous traversons alors nous permet de nous familiariser à la faune tropicale, perroquets, moustiques,… Cette journée en milieu humide ne nous sera finalement que de peu d’utilité en termes d’acclimatation, car de l’autre côté du col, c’est un tout autre climat qui nous attend, et auquel nous devons nous adapter. Dès lors, le soleil fait rage, et les cardons (espèces de cactus) sont bien souvent les seuls à trouver une place dans des canyons asséchés où l’érosion donne des formes étranges à des rochers rougeoyants. Nous devons avouer qu’à Cafayate, en pleine région viticole, notre régime ultra-protéinique argentin sera agrémenté d’une petite bouteille de Malbec. Est-ce l’effet de ce petit écart, mais le lendemain, dans la quebrada de las Conchas, nous voyons rouge. Un décor martien, des paysages surnaturels, et une étape riche en couleurs qui nous rapproche encore un peu plus de nos fameux sommets.

      L’Altiplano se fait, en effet, de plus en plus pesant dans nos esprits. Avant de l’affronter, le doute nous submerge, en sommes-nous capables, va t’on y arriver, notre préparation est-elle suffisante? Un petit stress bien connu des sportifs avant la compétition. Comme certains d’entre eux, et nous n’en sommes pas fiers, face à nos incertitudes nous succombons à la spirale du dopage. Rassurez-vous, un produit local et naturel, essayé et adopté par certains de nos oncles et tantes, les feuilles de coca, remède magique contre le mal d’altitude. Rien de plus facile pour se procurer ces fameux sachets à Purmamarca, un petit village qui n’a pas oublié ses origines indiennes aux pieds de la montagne aux sept couleurs.

      Ainsi parés, nous ne pouvons plus reculer. Face à nous, un monstre col (comme diraient nos amis suisses), 32 km et plus de 70 lacets pour nous hisser sur l’Altiplano. Il nous a fallu 4h30 d’effort, pour, au détour d’un dernier virage, apercevoir la fameuse pancarte: « Alto del Morado 4170 m ». Au sommet du col, la fatigue, l’altitude, la fierté et le bonheur de partager ces instants entre cousins ne nous font pas oublier nos origines, et nous faisons un nouvel écart à notre régime draconien en nous accordant un verre de Génépi (merci pour vos surprises de Santiago). Dès lors, sur les hauts plateaux andins, nous n’avons jamais été aussi près des étoiles. Notre nuit sur la « Salinas Grande » nous le démontrera. Quelle bonheur de rouler tambours battants sur ces petits hexagones formés par le sel, une impression de liberté unique dans cette immensité blanche. Un décor aussi lunaire que désertique, entre volcans et lagunas, nous nous dirigeons les yeux grands ouverts et la bouche pleine de coca vers le Chili.

      Pour y parvenir, un dernier rempart nous attend, l’Abra de Pacana et ses 4750m. Imaginez-vous au sommet du Mont Blanc en vélo et vous comprendrez que lorsque la pente déjà verticale se redresse encore (expression tirée des résumés d’un illustre cousin), nous peinons à rester en équilibre sur la selle, alors, un verre de Génépi au sommet est la moindre des récompenses. Le lendemain, nous terminons non sans mal notre premier séjour sur l’Altiplano avec une surprise que tous cyclistes sauraient apprécier, une descente de Montaigu de 30 km sous le regard bienveillant du volcan Licancabur, du haut de ses 5916m.

      Nous voici donc à San Pedro de Atacama, au cœur du désert le plus aride du monde. Après une telle semaine, place au repos, avant de remonter en selle direction la Bolivie et le Salar d’Uyuni, qui, nous l’espérons, se sera vidé pour nous accueillir. Loin des exploits sportifs (s’il en est) de ces derniers jours, nous garderons en mémoire, comme toujours, la magie des paysages, les mains tendues et le bonheur de partager cette aventure. Pour la partager jusqu’au bout, nous vous donnons rendez-vous le 1er mai, vers 11 h, en bas de la Crochère, avec vos vélos, pour une ascension riche en émotions. Ou alors, plus tranquillement à la Grange, à midi, avec une salade ou un dessert, nous nous chargeons de la viande et de la boisson… Notre régime sud-américain nous a fait fins connaisseurs en la matière. La fête risque de se prolonger tard dans la nuit pour attendre nos coéquipiers de retour de Lorraine.

Comme d’habitude, nous souhaitons un bon anniversaire à tous les marsiens : Maxime, Seb, Romain, Odile Vigier (avec beaucoup de retard), Romeo, Paolo, Estelle, Crys,….

A bientôt, sur l’Altiplano…

 

Arnaud et Guillaume