Le dernier aperçu du Chili nous a menés à Chuquicamata, ville « morte », où un abîme effarant creusé dans le désert n’est autre que la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde. Une ressource exploitée 24h/24 par des engins de 400 tonnes.

Bernard_Serge_et_Rionnette
Ca_bosse
Cordilliere_de_los_Frailes
Cratere_de_Maragua
Depellage_de_sel
Divin_coucher_de_soleil
El_cerro_Rico
Fin_du_jour
Heureux
Il_pleut_pas_Bergere
Incroyable
Jaune_banane
La_boulangere
Le_retour_de_Poupette
Mina_de_Cobre
Nuit_sur_le_Salar
Parfaite
Passage_de_frontiere
Pret_pour_la_Crochere
Qui_si_frotte
Quinoa
Relax
Riche_en_couleurs
Songeuse
Sous_le_charme
Sucre
Superman
Sylvie_petite
Tonton
Un_ange_passe
Un_train_express
Une_montee_de_Sucre
Vallee_de_la_lune
Vue_de_Vache

Par chance, l’entrée en Bolivie, le jour suivant, allait vite nous faire retomber sur nos roues. Une frontière atypique, en altitude, au pied du volcan Ollägue, où l’unique bâtisse fait office de douane, de bureau de change, de guichet de gare et de cantine… Si rien ne nous l’indiquait, nous venons bien de changer radicalement d’ambiance, et chaque instant depuis, nous offre le plaisir d’apprécier un réel dépaysement culturel.

      Si la Bolivie est, dans les faits, le pays le plus pauvre d’Amérique Latine, ses richesses naturelles et surtout le mode de vie de sa population née des peuples Aymará, Quechua et Guarani, en font une destination mémorable pour tous les voyageurs. Dès les premiers mètres, on nous conseille curieusement d’opter pour le chemin de fer plutôt que la route, pour rejoindre le Salar. Nous suivrons ce conseil durant deux jours, dégustant des scènes pleines d’authenticité dans chaque village où un Quechua avisé nous indiquera la piste ou la voie à suivre. Puis, au détour d’une colline franchie en poussant le vélo, les cultures de quinoa laissent place au majestueux Salar d’Uyuni. Encore un petit effort et nous dévalons sur cette immensité suffisamment asséchée pour notre plus grand bonheur. Pertes de repères et du Nord, univers sans frontière, ligne d’horizon absente, nous sommes heureux de vivre ces instants. Nous plantons la tente après une longue séance photo rythmée par le coucher du soleil, ébahis par ce lieu unique. Que notre planète est belle et diversifiée! Le lendemain, en observant 60 km plus loin « les campesinos » extraire le sel avec des râteaux et des pelles nous constatons que cet univers ne rime pas avec « rêve » pour tout le monde.

      Plus loin sur notre route, Potosi, « trésor du Monde » au XVI siècle, lorsque les conquistadors espagnols exploitèrent les importants gisements d’argent du Cerro Ricco. L’une des plus hautes villes du monde, reste aujourd’hui le théâtre d’extractions importantes de plomb et de zinc. Si la nature de la ressource, et sa valeur par la même occasion, ont changé, les méthodes de travail ne semblent pas avoir évolué et c’est toujours un véritable enfer que vivent 10 000 mineurs chaque jour, femmes et enfants compris. La visite très « brute » des galeries, au cœur des explosifs et des charriots en activité, laissera forcément des traces. Nous sortons totalement admiratifs de ces hommes qui usent de feuilles de coca, d’alcool et de nombreuses offrandes au « Tio » pour survivre dans cet enfer, où les gaz nocifs anéantirons toutes questions relatives à une possible retraite. A deux pas de là pourtant, les rues grouillent, respirent la « vie », les façades colorées des bâtiments coloniaux nous séduisent, les étalages du marché sont riches et nous nous sentons vraiment bien au cœur de cette communauté parfois interpelée par nos cheveux blonds et notre taille.

      Le même modèle de ville et d’atmosphère nous attend à Sucre, où manifestations politiques et contre la tuberculose apportent de la voix à ces ruelles d’un blanc immaculé. Le coût de la vie est très accessible, nous ne nous privons pas régulièrement du confort d’un matelas et d’une assiette mijotée sur le marché. Api, mocochinche, refrescos de durazno, tostada, horchata et licuados sont autant de jus de fruits frais, que l’on trouve à chaque coin de rue, accompagnés parfois d’une gargote de Salténas.
Afin de découvrir la Cordilléra de los Frailles, nous empruntons un chemin de terre, tantôt en vélo, tantôt dans un camion, pour rejoindre le cratère de Maragua… Les camions boliviens sont des modes de déplacement qui sont une expérience à part entière, qui mérite d’être vécue. Lieu perdu et à présent habité par le peuple Jalq’a, c’est à pied et dans la nuit (plus rapide que nous sur ce coup) que nous trouvons une magnifique « Cabanas » de pierre et de chaume pour passer la nuit. Au réveil, la sérénité et la beauté des environs nous enchantent, nous passerons donc la journée à nous promener ici en ce jour de Pâques.

C’est donc à travers ces territoires méconnus de beaucoup, en raison de leurs accessibilités réduites, que nous passerons quelques journées sensationnelles, lorsque notre passage ne laisse personne indiffèrent. Par ici, « la France » est une contrée bien souvent inconnue. Les costumes et chapeaux sont les témoins de la grande fierté de ces peuples en leurs origines. Le président Evo Morales qui est ici source d’espoir, semble tenter de prendre en compte ces peuples des campagnes et leur diversité dans sa politique. Ce respect de l’identité des boliviens est une excellente nouvelle. D’autres nations devraient peut-être prendre exemple afin de préserver leur propre nature.

Pour finir, nous avons cherché les eaux du lac Popo dont notre tonton Claude nous vantait la beauté… Malheureusement, ces images, dues à l’âge important de ce dernier, devaient appartenir à un autre siècle, nous n’avons eu qu’une étendue de pampa et de sable à nous mettre sous la dent.

      Aujourd’hui à Oruro, dernière étape avant la Paz, les vélos ont beaucoup souffert ces derniers temps, nous croisons les doigts pour qu’ils nous mènent jusqu’à Cuzco… Encore de belles richesses bordent les kilomètres restant, nous tâcherons de prendre notre temps pour savourer encore chaque moment ensemble. Des instants à « nous ». Le parfum de la grange est notre guide.

Pour cette nouvelle l’agenda est chargé d’anniversaires, des origines, de grandes pensées pour Paolo, Estelle, Neuneu, Crys, Jean-Claude, Julie, Fanny, Claudia, Marie, Anne Gaëlle et Stéphane.

A bientôt

 

Arnaud et Guillaume